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February 27, 2026

Être propriétaire aux États-Unis et faire face à une poursuite : ce que les francophones doivent savoir (Premises Liability)

Will Newman est avocat à New York. Il intervient en tant qu'avocat de la défense dans des affaires de responsabilité civile liées aux biens immobiliers, ce que le droit américain appelle la « premises liability ». Il accompagne notamment des propriétaires non-résidents, des investisseurs francophones et des hôtes de locations saisonnières qui se retrouvent mis en cause après un accident survenu sur leur bien, et qui doivent naviguer dans un système judiciaire américain souvent peu familier.

Être propriétaire aux États-Unis et faire face à une poursuite : ce que les francophones doivent savoir (Premises Liability)

Vous êtes propriétaire d'un bien immobilier aux États-Unis, une maison en Floride, un appartement à New York, une villa en Californie, et vous venez de recevoir une lettre d'avocat. Quelqu'un s'est blessé sur votre propriété et menace de vous poursuivre en justice, ou une procédure est déjà engagée contre vous. Que signifie concrètement cette démarche ? Quelles sont vos obligations ? Comment vous défendre ?

Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Il s'adresse aux propriétaires de biens immobiliers aux États-Unis, résidents ou non, qui sont poursuivis ou craignent de l'être à la suite d'un accident. Les règles décrites varient selon les États : les informations présentées ici sont des repères généraux, non des certitudes juridiques applicables à tous les cas.

En résumé

Si quelqu'un est poursuivi après un accident sur sa propriété aux États-Unis, sa responsabilité n'est pas automatique : le plaignant doit généralement prouver une forme de négligence. La défense repose avant tout sur la documentation (entretien, inspection, signalétique), le comportement immédiat après l'incident, et une coordination rapide avec l'assureur et un avocat de la défense.

Réflexe immédiat : ne faire aucun commentaire sur la faute, préserver toutes les preuves disponibles, et contacter son assureur ainsi qu'un avocat de la défense dès les premiers signes de réclamation.

Pourquoi les propriétaires francophones peuvent être particulièrement démunis face à ce type de poursuite

La culture juridique américaine est très différente de la culture française. Aux États-Unis, les procédures civiles pour blessures corporelles sont fréquentes, les avocats de la partie adverse travaillent souvent sur la base d'honoraires conditionnels (contingency fees, c'est-à-dire sans frais initiaux pour le plaignant), et les montants en jeu peuvent être considérables. Cette asymétrie signifie qu'une personne blessée n'a souvent peu à perdre à engager une procédure.

Pour un propriétaire non-résident gérant son bien depuis la France, plusieurs facteurs aggravent la situation : la maintenance peut être déléguée à des prestataires peu contrôlés, les inspections sont difficiles à organiser à distance, et les obligations légales locales (clôtures de piscine, détecteurs de fumée, normes d'escaliers) varient d'un État à l'autre et sont difficiles à suivre de loin.

En cas de procédure, la distance complique aussi la collecte de preuves, la coordination avec l'assureur, et la gestion des délais procéduraux. Méconnaître ces obligations légales n'est pas considéré comme une circonstance atténuante devant un tribunal américain.

"Premises Liability" : ce que cela signifie concrètement

La « premises liability » désigne la branche du droit civil américain qui traite de la responsabilité d'un propriétaire ou occupant lorsqu'une personne se blesse sur son bien. L'idée centrale est la suivante : si une condition dangereuse existait sur votre propriété, que vous en étiez conscient (ou auriez dû l'être), et que cette condition a causé une blessure, vous pourriez être tenu responsable, même si vous n'étiez pas présent au moment des faits.

Les règles précises varient selon les États. Certains appliquent des standards plus stricts, d'autres accordent davantage de latitude aux propriétaires. C'est pourquoi l'État dans lequel se trouve votre bien est déterminant.

Les éléments que le plaignant doit généralement démontrer

Dans la plupart des États, pour engager votre responsabilité, la partie adverse doit établir quatre éléments :

  • Un devoir de prudence (duty of care) : en tant que propriétaire, vous étiez tenu d'entretenir votre bien dans un état raisonnablement sûr pour les personnes susceptibles de s'y trouver légitimement.
  • Un manquement à ce devoir (breach) : vous avez failli à cette obligation, par exemple en laissant persister un danger connu sans le corriger ni le signaler.
  • Un lien de causalité (causation) : ce manquement est directement à l'origine de la blessure. Si la blessure serait survenue de toute façon, ce lien peut être contesté.
  • Des dommages réels (damages) : la personne a subi un préjudice effectif (blessure physique, frais médicaux, perte de revenus, souffrance morale).

Si l'un de ces éléments ne peut pas être prouvé, la demande peut être rejetée. C'est souvent sur l'un ou plusieurs de ces points que se construira la défense.

Signes qu'une réclamation pourrait évoluer vers une procédure judiciaire : réception d'une mise en demeure formelle signée par un avocat, demandes de documents (dossiers médicaux, photos, rapports d'inspection), contact d'un expert mandaté par la partie adverse, ou mention explicite d'une « personal injury claim ».

Le statut de la personne blessée : un facteur déterminant (qui varie selon l'État)

Dans de nombreux États américains, le niveau d'obligation du propriétaire dépend du statut de la personne blessée au moment de l'accident. Cette classification peut influencer significativement l'issue d'un dossier, mais elle n'est pas uniforme : certains États ont abandonné ces distinctions au profit d'un standard général de prudence raisonnable.

Visiteur autorisé (invitee / licensee) : obligations généralement plus élevées

Lorsqu'une personne est expressément invitée sur la propriété (locataire, client Airbnb, prestataire de service, invité), le niveau d'obligation du propriétaire est généralement le plus élevé dans les États qui maintiennent cette classification. Il pourrait être attendu non seulement de corriger les dangers connus, mais aussi d'inspecter activement le bien pour en détecter d'autres. Un défaut d'entretien documenté sera plus difficile à défendre dans ce cas.

Personne non autorisée ou intrus : un régime différent, mais pas sans limite

En principe, les obligations envers une personne qui entre sans autorisation sont moindres dans les États qui maintiennent ces distinctions. Cela dit, même dans ce cas, un propriétaire ne peut pas délibérément créer un piège, et certaines conditions (danger extrême, accès facilité malgré l'interdiction) peuvent être prises en compte. Les règles varient fortement d'un État à l'autre.

Les enfants et la doctrine de l'"attractive nuisance"

La doctrine dite de l'« attractive nuisance » s'applique dans de nombreux États pour protéger les enfants qui s'introduisent sur une propriété sans autorisation, attirés par un élément présentant un risque (piscine, trampoline, équipements de chantier). Dans ces États, un propriétaire pourrait être tenu responsable même si l'enfant n'était pas censé accéder au lieu, si la condition dangereuse était prévisible et que des mesures raisonnables auraient pu être prises. La piscine non clôturée est l'exemple le plus cité. L'application de cette doctrine et ses contours exacts dépendent cependant de la juridiction.

Les scénarios les plus fréquents : situations et enjeux de défense

Voici les situations qui donnent le plus souvent lieu à des réclamations ou des poursuites contre des propriétaires. Pour chaque scénario, les principaux axes de défense sont identifiés. Ces éléments sont fournis à titre général ; leur pertinence dépend des faits spécifiques et de l'État concerné.

Chute (Slip and Fall) : sol, escaliers, éclairage

Le « slip and fall » est l'une des causes les plus fréquentes de poursuites en matière de premises liability. Un sol rendu glissant sans signalisation, une marche d'escalier dégradée, un éclairage insuffisant dans un couloir : autant de situations pouvant fonder une réclamation. La défense s'articule souvent autour de la preuve que le danger n'existait pas, qu'il n'était pas connu et n'aurait pas dû l'être, ou qu'il avait déjà été traité au moment de l'accident. Les factures de réparation et les photos datées sont ici des éléments centraux.

Piscine et jacuzzi : conformité, accès, entretien

La piscine représente l'un des risques les plus graves, notamment en raison des accidents impliquant des enfants. De nombreux États imposent des obligations précises : clôture avec fermeture automatique, profondeur minimale balisée, panneaux de sécurité, alarmes de surface. Les exigences exactes varient selon l'État et parfois la municipalité. Un propriétaire dont la piscine n'est pas conforme aux normes locales sera dans une position difficile à défendre. Documenter l'entretien régulier et les vérifications de conformité constitue un élément important de la défense préventive.

Morsures de chien

Le régime de responsabilité pour les morsures de chien varie significativement selon les États. Certains appliquent une responsabilité stricte (le propriétaire est responsable dès lors que son chien mord, quel que soit l'historique de l'animal), d'autres exigent la preuve que le propriétaire connaissait ou aurait dû connaître le caractère dangereux de l'animal. Si un locataire est autorisé à détenir un animal dans votre bien et que cet animal blesse quelqu'un, votre responsabilité pourrait être engagée selon les circonstances. Il est important de vérifier les termes de votre bail et votre couverture d'assurance.

Balcon, escalier, rambarde : défauts structurels

Les défauts structurels (rambarde qui cède, marche instable, balcon en mauvais état) constituent des dangers qui auraient raisonnablement dû être détectés et corrigés. Un propriétaire qui ne réalise pas d'inspections régulières, ou qui tarde à effectuer des réparations signalées par un locataire ou un prestataire, sera plus difficile à défendre. Les notifications écrites (emails, SMS) faisant état d'un problème structurel sont fréquemment utilisées comme preuves par la partie adverse.

Sécurité et éclairage : un terrain plus variable

Dans certains États et pour certains types de biens, notamment les immeubles locatifs en zone urbaine avec un historique de criminalité, un propriétaire pourrait être mis en cause si une agression survient en raison d'un défaut de sécurité (mauvais éclairage, serrures défaillantes, accès non contrôlés). Cette théorie dite d'« inadequate security » est reconnue dans plusieurs juridictions mais ne s'applique pas uniformément. Les attentes varient selon le type de bien, sa localisation, et les faits de l'espèce.

Détecteurs de CO et de fumée : conformité réglementaire

L'absence ou le dysfonctionnement d'un détecteur de monoxyde de carbone ou de fumée constitue un manquement réglementaire dans la quasi-totalité des États, avec des exigences qui peuvent varier selon le type de logement et l'année de construction. Documenter l'achat, l'installation et la vérification périodique de ces équipements est un élément de défense concret, en cas d'incident lié à leur absence ou à leur défaillance.

Organiser la gestion de son bien pour réduire l'exposition au risque

La meilleure défense reste préventive. Pour un propriétaire non-résident, mettre en place une organisation rigoureuse avec documentation, prestataires encadrés, assurance vérifiée, peut faire une différence significative en cas de procédure.

Maintenance et documentation : les preuves qui comptent

En cas de litige, les preuves documentaires sont souvent déterminantes. Il est conseillé de conserver de manière systématique :

  • Photos et vidéos datées de l'état du bien, réalisées à intervalles réguliers et lors de chaque changement d'occupant.
  • Factures et devis pour tous les travaux d'entretien, réparations et mises aux normes.
  • Rapports d'inspection formels (structure, piscine, installations électriques, chauffage).
  • Échanges écrits avec le gestionnaire de bien, les locataires et les prestataires, en particulier tout signalement de problème.

Prestataires : contrats et couverture d'assurance

  • Formaliser par écrit les missions du property manager, notamment ses obligations de surveillance et d'inspection.
  • Exiger des attestations d'assurance (certificate of insurance) de chaque prestataire intervenant sur le bien.
  • Conserver les consignes données par écrit, notamment celles relatives à la sécurité et à l'entretien.

Signalétique et conformité

  • Vérifier que les équipements à risque (piscine, jacuzzi, escaliers raides) sont conformes aux exigences locales.
  • Installer la signalétique de sécurité appropriée en fonction du type de bien et de son utilisation.
  • S'assurer que les détecteurs de fumée et de CO sont présents, conformes et vérifiés périodiquement.

Location courte durée : précautions spécifiques

  • Rédiger des règles intérieures (house rules) claires, remises à chaque locataire à l'arrivée.
  • Mentionner explicitement les zones ou équipements présentant un risque.
  • Limiter l'accès aux espaces non destinés aux locataires (local technique, zone piscine hors plages horaires).
  • Vérifier expressément que votre police d'assurance couvre la location courte durée avant de la pratiquer.

Checklist — Propriétaire non-résident (15 points)

  1. Réaliser une inspection complète du bien au moins une fois par an, avec rapport écrit conservé.
  2. Photographier systématiquement l'état du bien avant et après chaque séjour ou changement de locataire.
  3. Conserver toutes les factures d'entretien et de réparation, classées par date.
  4. Vérifier la conformité des détecteurs de fumée et CO selon les normes locales, et documenter chaque vérification.
  5. Contrôler l'état de la piscine, des barrières et des équipements de sécurité en fonction des exigences de l'État concerné.
  6. Inspecter l'état des rambardes, balcons et escaliers ; traiter sans délai tout signalement de défaut.
  7. Vérifier que l'éclairage extérieur est suffisant et fonctionnel.
  8. Exiger des attestations d'assurance de tous les prestataires intervenant sur le bien.
  9. Formaliser les missions du property manager dans un contrat écrit.
  10. Vérifier que la police d'assurance couvre bien le type d'usage du bien (résidentiel, locatif, courte durée).
  11. Remettre des règles intérieures écrites à chaque locataire ou occupant.
  12. Installer la signalétique de sécurité adaptée au type de bien.
  13. Relire chaque année les conditions de son assurance, notamment les exclusions.
  14. Conserver les coordonnées d'un avocat de la défense aux États-Unis en cas d'incident.
  15. En cas d'accident, constituer un dossier de preuves dans les 24 à 48 heures suivant l'événement.

Assurance : points de vigilance pour les propriétaires non-résidents

L'assurance est souvent le premier rempart face à une réclamation. Mais plusieurs erreurs fréquentes peuvent laisser un propriétaire sans protection au moment où il en a le plus besoin.

Homeowners insurance : couverture de la responsabilité civile

Une assurance propriétaire standard (homeowners insurance) inclut généralement une couverture de responsabilité civile (liability coverage) qui peut prendre en charge les frais juridiques de défense et, le cas échéant, les montants d'indemnisation, dans la limite du plafond contractuel. Ce plafond est souvent compris entre 100 000 et 300 000 dollars, selon la police souscrite. En cas de blessure grave, ces montants peuvent s'avérer insuffisants.

Il est important de noter que les garanties, exclusions et plafonds varient selon les contrats et les assureurs. Lire attentivement sa police, idéalement avec l'aide d'un professionnel, est indispensable avant d'avoir besoin de s'en prévaloir.

Umbrella policy : couverture complémentaire

Une umbrella policy est une assurance complémentaire qui intervient au-delà des plafonds de la police principale. Pour un propriétaire présentant un niveau de risque élevé (bien avec piscine, location saisonnière, plusieurs biens), ce type de couverture peut offrir une protection significative pour un coût annuel généralement modéré. Son utilité réelle dépend des termes de la police et de la situation individuelle.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Sous-assurance : souscrire une couverture aux plafonds trop bas par rapport à la valeur du bien ou au niveau de risque.
  • Exclusions non lues : certaines polices excluent explicitement les locations courte durée, les chiens de certaines races, ou les accidents liés à des activités spécifiques.
  • Absence de couverture short-term rental : louer sur Airbnb ou VRBO sans avoir déclaré cette activité à son assureur peut entraîner un refus de couverture en cas de sinistre, selon les termes du contrat.
  • Déclaration tardive : tout incident devrait être signalé rapidement à l'assureur, même en l'absence de réclamation formelle. Un retard peut justifier un refus de couverture selon les termes de la police.

Quoi faire immédiatement après un accident sur sa propriété

Les premières heures et les premiers jours suivant un accident sont souvent déterminants pour la suite d'un éventuel dossier. Voici les réflexes à adopter, sans pour autant se substituer au conseil d'un professionnel.

Les 8 réflexes dans les 24 à 48 heures

  1. S'assurer que la personne blessée reçoit les soins médicaux nécessaires, et appeler les secours si requis.
  2. Rédiger un rapport d'incident factuel (incident report) : circonstances, lieu précis, heure, personnes présentes. Ne pas y formuler d'interprétation ou d'aveu.
  3. Prendre des photos et vidéos du lieu immédiatement, avant toute modification de l'environnement.
  4. Relever les coordonnées de tout témoin éventuel.
  5. Conserver l'ensemble des communications liées à l'événement (messages, emails, échanges avec le gestionnaire).
  6. Ne faire aucun commentaire sur la faute, ne pas s'excuser d'une manière qui pourrait être interprétée comme un aveu de responsabilité.
  7. Contacter son assureur dans les meilleurs délais pour déclarer l'incident.
  8. Consulter un avocat de la défense, même avant qu'une réclamation formelle ne soit déposée.

Ce qu'il est préférable d'éviter

  • Publier tout commentaire ou document lié à l'accident sur les réseaux sociaux.
  • Proposer un arrangement financier informel sans en avoir discuté avec son avocat et son assureur.
  • Ne pas répondre à une lettre d'avocat ou à une citation judiciaire. Les délais de réponse sont stricts et leur non-respect peut avoir des conséquences procédurales graves.

Comment se déroule la défense d'un dossier de premises liability

Chronologie typique d'une procédure (vue du côté du défendeur)

Le déroulement d'un dossier suit généralement plusieurs étapes : d'abord une réclamation (claim) adressée à l'assureur du propriétaire, qui mandate un expert (adjuster) pour évaluer les faits. Une phase de négociation peut s'ensuivre. Si aucun accord n'est trouvé, une plainte formelle (complaint / lawsuit) est déposée devant un tribunal. Vient ensuite la phase de discovery (échange de pièces, dépositions sous serment) puis, dans de nombreux cas, une médiation ou une proposition de règlement amiable (settlement). Si aucun accord n'est atteint, l'affaire peut aller au procès.

Dans la pratique, une grande majorité des dossiers de premises liability se règlent avant le procès, que ce soit lors de la négociation avec l'assureur ou au stade de la médiation. Mais la qualité de la défense dès le départ peut influencer significativement le résultat final, notamment le montant d'un éventuel settlement.

Axes de défense fréquemment utilisés

Les stratégies de défense varient selon les faits et l'État concerné. 

Parmi celles qui sont couramment examinées :

  • Contestation de l'existence d'un danger : le bien était en bon état, la condition invoquée comme dangereuse n'était pas objectivement prévisible comme telle.
  • Preuve d'entretien diligent : les documents (factures, rapports, photos datées) démontrent que le propriétaire a respecté son obligation de prudence raisonnable.
  • Responsabilité partagée (Comparative Negligence) : dans de nombreux États, si la personne blessée a elle-même contribué à l'accident, en ignorant un panneau d'avertissement, en se comportant imprudemment, sa part de responsabilité peut réduire, voire éliminer, l'indemnisation. Les règles précises varient : certains États appliquent la « pure comparative negligence », d'autres des seuils au-delà desquels le plaignant ne peut plus rien obtenir.
  • Contestation du lien de causalité : la blessure n'a pas été directement causée par l'état du bien, mais par d'autres circonstances indépendantes de la conduite du propriétaire.
  • Contestation de la quantification des dommages : les préjudices revendiqués sont disproportionnés, non documentés, ou imputables à des causes préexistantes.

Propriétaire non-résident : spécificités pratiques

Être en France lorsqu'une procédure s'engage aux États-Unis crée des contraintes pratiques importantes. La notification des actes judiciaires doit respecter des règles précises selon les conventions applicables, et ignorer ou tarder à répondre à une citation peut entraîner un jugement par défaut contre le propriétaire.

Toutes les communications avec l'assureur américain, les experts, et le système judiciaire se font en anglais et dans un cadre procédural distinct du droit français. La gestion des délais, souvent très courts, depuis un autre fuseau horaire et sans présence physique sur place est un enjeu réel. C'est dans ce contexte qu'un avocat de la défense familier avec les enjeux des clients non-résidents peut apporter une valeur concrète : coordination avec les prestataires locaux, gestion des échanges avec les assureurs, explication des étapes procédurales, et préservation des intérêts du propriétaire tout au long du dossier.

Travailler avec un avocat de la défense connaissant les enjeux des clients francophones

Au-delà de son expérience avec le droit américain, Will Newman apporte à ses clients francophones une compréhension des différences culturelles et juridiques qui peuvent rendre le système américain difficile à appréhender seul. Il est en mesure d'expliquer clairement les étapes d'une procédure, d'articuler la défense avec l'assureur local, et de coordonner les acteurs nécessaires (property manager, experts, traducteurs le cas échéant).

L'objectif de sa démarche est de protéger le patrimoine de ses clients, de limiter leur exposition financière, et de résoudre les situations de la manière la plus efficace possible, que ce soit par la négociation, un règlement amiable, ou, si nécessaire, par un procès. Chaque situation étant différente, aucun résultat ne peut être garanti, mais une défense organisée dès le début d'une réclamation améliore généralement les conditions dans lesquelles le dossier peut être résolu.

Vous êtes propriétaire d'un bien aux États-Unis et faites face à une réclamation ou à une procédure judiciaire ? Contactez Will Newman pour une première évaluation de votre situation. Pour faciliter cet échange, précisez l'État où se situe le bien, le type de bien, la date et les circonstances de l'incident, et, si disponibles, votre police d'assurance et tout document déjà reçu (mise en demeure, citation). Aucun résultat n'est garanti : chaque dossier est apprécié en fonction de ses faits propres.

FAQ — Questions fréquentes

Un propriétaire est-il automatiquement responsable si quelqu'un se blesse sur sa propriété aux États-Unis ?

Non, la responsabilité n'est généralement pas automatique. Le plaignant doit généralement prouver qu'une condition dangereuse existait sur le bien, que le propriétaire en avait connaissance (ou aurait dû en avoir connaissance), et que cette condition est directement à l'origine de la blessure. L'existence d'un accident ne suffit pas à établir la responsabilité. Les règles applicables varient selon l'État.

Quelle est la différence entre la premises liability et la responsabilité civile du propriétaire en France ?

Les deux systèmes partagent une logique commune: imposer à un propriétaire de maintenir son bien dans un état raisonnablement sûr. Mais le droit américain est nettement plus procédural. La qualification du statut du visiteur, le rôle des preuves documentaires, les règles de comparative negligence, et les modes de règlement (claim, settlement, procès) fonctionnent différemment. Les montants en jeu peuvent aussi être bien plus élevés qu'en France, notamment en raison du rôle des jurys dans certains procès civils.

Si je loue mon bien sur Airbnb ou VRBO, mon niveau d'exposition est-il plus élevé ?

La location courte durée augmente la fréquence de rotation des occupants et, avec elle, les occasions d'accident. Elle peut aussi créer des obligations spécifiques selon l'État ou la municipalité. Il est essentiel de vérifier que votre police d'assurance couvre explicitement ce type d'usage : certains contrats l'excluent, ce qui pourrait laisser le propriétaire sans couverture en cas de sinistre.

Que faire si l'assureur me contacte après un accident sur ma propriété ?

Répondre rapidement mais de façon prudente. Conserver une copie de toutes les communications. Éviter toute formulation pouvant être interprétée comme un commentaire sur la culpabilité. En cas de doute sur ce qu'il convient de déclarer ou de transmettre, il est préférable de consulter un avocat de la défense avant de fournir des informations détaillées à l'expert mandaté par l'assureur adverse.

Suis-je obligé de répondre à l'avocat de la personne blessée ?

Si une procédure est engagée, ignorer les actes judiciaires peut avoir des conséquences graves, dont un jugement par défaut. En revanche, vous n'êtes pas tenu de répondre vous-même et directement à l'avocat adverse : votre propre avocat de la défense peut gérer ces échanges. Une déclaration mal formulée peut être utilisée contre vous dans la procédure.

Quelles preuves sont les plus utiles en défense ?

Les éléments les plus fréquemment utiles sont : des photos et vidéos datées montrant l'état du bien avant et après l'accident, des rapports d'inspection, les factures de travaux d'entretien, les contrats avec les prestataires, les échanges écrits avec locataires ou gestionnaires, et tout document démontrant que le danger n'existait pas ou avait déjà été traité. Plus ces éléments sont antérieurs à l'accident, plus leur valeur probante est forte.

Quels types d'accidents donnent le plus souvent lieu à des poursuites ?

Les chutes (slip and fall), les incidents de piscine, les défauts d'escalier ou de balcon, les morsures de chien, et dans certains cas les problèmes liés à la sécurité ou à l'absence de détecteurs fonctionnels. La location courte durée est un facteur d'exposition supplémentaire, en raison de la multiplication des occupants.

Combien de temps après l'accident peut-on engager une procédure contre un propriétaire ?

Les délais de prescription (statute of limitations) varient selon les États et la nature de la demande. Pour les blessures corporelles, ils se situent généralement entre un et quatre ans selon les juridictions, avec des règles spécifiques selon l'âge du plaignant, le type de demande, ou la date de découverte du dommage. Dès le premier signe de réclamation, il est important d'agir rapidement pour préserver les preuves et obtenir un conseil juridique.

Avertissement : cet article est rédigé à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Les règles décrites varient selon les États et les situations individuelles. Les informations présentées ici ne sauraient se substituer à une consultation avec un avocat qualifié dans la juridiction concernée.

L'image provient de https://en.wikipedia.org/wiki/Premises_liability#/media/File:031_Sidewalk_environmental_damage_-_dangerous_sidewalk_with_concrete_paving_tiles,_Bytom,_Poland.jpg